Liavek, Megan Linholm, Steven Brust et Gregory Frost, Éditions ActuSF, collection Perles d'Épice, 3 juillet 2020

Publié le par Maude Elyther

couverture par Zariel

couverture par Zariel

4ème de couverture

Dans la majestueuse cité portuaire de Liavek, Kaloo l’orpheline se cherche un passé. L’enjeu est grand : seuls ceux qui connaissent leur date de naissance peuvent recevoir un peu de chance chaque année, et avoir leur place pleine et entière dans la société.

Commence pour elle une quête initiatique qui l’emmènera sur des sentiers dangereux.

Certains mystères devraient rester dans l’ombre...

Devenue une légende de la fantasy mondiale grâce à L’Assassin royal, Megan Lindholm, alias Robin Hobb, plonge ici le lecteur dans une cité aux couleurs éclatantes sur les traces d’une héroïne aussi effrontée que volontaire.

Avant-propos

Tout d’abord, je remercie Jérôme et les Éditions ActuSF pour l’envoi de ce service presse ! Liavek m’avait déjà intéressée par le passé (notamment par la notion de monde partagé qu’il présente) mais je n’avais pas sauté le pas. Aussi l’occasion de le découvrir s’est concrétisée.

Mots clefs

Univers partagé - fantasy - magie - nouvelles - anthologie - recueil de nouvelles - naissance - chance - ville portuaire - famille - artéfact

Liavek, Megan Linholm, Steven Brust et Gregory Frost, Éditions ActuSF, collection Perles d'Épice, 3 juillet 2020

Univers partagé

Liavek est une ville portuaire créée par le couple Emma Bull et Will Shetterly dans les années 1980. Ici, la magie, ou plus exactement la chance, est le lot de certains individus, don héréditaire difficile à utiliser qui se manifeste au jour et heure de naissance de son détenteur/sa détentrice. Il est possible de canaliser sa chance à travers un objet, pour ensuite en user plus communément.

Le monde de Liavek a donc bénéficié de l’apport d’une soixantaine de textes, le présent recueil illustre cette notion d’univers partagé.

 

Comme un roman

6 nouvelles se succèdent, sous la plume de Megan Lindholm (alias Robin Hobb), Steven Brust et Gregory Frost ; la dernière étant même écrite à eux trois ! Ces textes suivent notamment deux personnages : Kaloo, orpheline ayant été élevée par un couple d’aubergistes qui cherche à connaître son jour et son heure de naissance pour mettre à profit sa chance ; et Dashif, un comte redouté au service du Régent de Liavek. Les nouvelles s’enchaînent et lient les personnages pour donner un ensemble qui s’apparente à un roman.

 

L’histoire

Le comte Dashif est à la solde du Régent de Liavek. Celui-ci lui confie des missions : stopper la résurgence d’un groupe religieux, récupérer un artéfact… De l’autre côté de Liavek, Kaloo, âgée de 13 ans, va mentir à sa famille adoptive pour commencer à étudier la chance avec un mage et trouver son jour et date de naissance. Lorsque Kaloo et Dashif se rencontrent, c’est le début de moult changements pour tous les deux.

 

Écriture

Au niveau de l’écriture, dans l’ensemble fluide et sans chichi, on remarque quelques touches hétéroclites, comme quelques dialogues posés sans contexte où le lecteur doit replacer les interlocuteurs. Ce qui apporte à l’une des dernières scènes, où tous les personnages se retrouvent réunis car est-on sûr de l’identité du personnage impliqué lors d’un paragraphe ?

Bien sûr, la manière d’écrire reste adaptée au format. Quelques ellipses, certains détails parfois incongrus (je pense notamment à la présence de Kaloo lors d’une rencontre entre Dashif et la femme en vert).

Selon les auteurs, les personnages y gagnent : le comte Dashif sera attachant par exemple.

 

Magie

La magie est représentée par la chance dans cet univers. Plutôt discrète, elle se rapproche davantage d’une discipline (professeur/élève). Elle se révèle à double tranchant : son utilisation difficile alors qu’elle ne réalise que de « petits tours » (d’ailleurs, Dashif qui est dépourvu de sa chance à cause de la destruction de son objet réceptacle, fait croire qu’il possède toujours sa chance en utilisant simplement sa dextérité), et ses effets néfastes, comme un retour de karma.

 

Famille

Ici, au final la chance est héréditaire, et c’est bien sur la notion de lien de sang, liens familiaux que l’accent est porté. Kaloo qui a été adoptée par T'Nar et Daril, la gérante de La Chope et l’Ancre, est en âge où elle se rebiffe contre sa famille adoptive car elle veut développer sa chance. Elle va mentir lorsqu’elle parvient à passer un accord avec un mage pour qu’il lui enseigne l’art de la chance. Un fossé se creusera lorsque les masques tomberont : une vie plus grande attend Kaloo, quel sera son choix ?

 

Personnages féminins

A noter que les personnages féminins sont forts et ont un caractère bien trempé, fait d’autant plus à souligner que les textes ont été écrit dans les années 80 !

Daril possède La Chope et l’Ancre, elle mène son commerce. De même que pour Serpent qui tient une boutique et qui ne se laisse pas amadouer par les « voyous ». Brajii est assassin pro. Quant à Kaloo, même si son côté borné d’adolescente m’a pesé à un moment, elle est déterminée et se montre pleine de ressources.

 

En conclusion

Liavek propose 6 nouvelles qui s’articulent pour former un ensemble qui s’apparente à un roman. Pièce à l’édifice de l’univers partagé de la ville portuaire de Liavek.

Nous suivons notamment 2 personnages que tout semble opposer : une orpheline s’évertuant à connaître son jour et son heure de naissance pour investir sa chance, et un comte redouté sous la coupe du Régent de la ville.

La magie (ici la chance) est ténue dans ce monde et j’ai trouvé qu’elle mettait surtout en avant les liens entre les personnages (de sang, familiaux).

Globalement, l’écriture est fluide, bien que sous la plume de certains auteurs les personnages gagnent en profondeur.

La parité homme/femme est à souligner : de nombreux personnages féminins forts interviennent dans ces textes, qu’elles soient entrepreneuses, assassin, au fort caractère ou pleine de ressources.

Une lecture indiquée pour commencer la fantasy ou tout simplement passer un moment de détente.

Liavek, Megan Linholm, Steven Brust et Gregory Frost, Éditions ActuSF, collection Perles d'Épice, 3 juillet 2020

Autres lectures

Dans le même univers, j’ai lu L’Hypothèse du Lézard d’Alan Moore, paru dans la collection graphique des Éditions ActuSF et illustré par Cindy Canévet (que je n’ai pas chroniqué en revanche).

De Megan Lindholm, j’ai été marquée par son roman Le Dieu dans l’Ombre (à découvrir ici).

Je vous recommande également La Moïra, ainsi que sa suite La Gallica, d'Henri Lovenbruck, de la fantasy naturaliste avec le destin hors norme d’Aléa, une orpheline qui va être investie d’un grand pouvoir…

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Publié dans chronique, service presse

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