Le Bois Écarlate

Publié le par Maude Elyther

Le Bois Écarlate

Bonjour à toutes et à tous !

Je vous retrouve cette fois non pas pour une nouvelle chronique mais pour la présentation de l’un de mes manuscrits : Le Bois Écarlate.

Faisant écho à l’univers esquissé dans La Fée Bleue, une nouvelle qui m’avait été inspirée par la fin de l’été/le début de l’automne, je m’étais lancée dans la rédaction de ce projet de roman alors intitulé « Crimson Wood ». Entamé fin 2018 pour connaître une grosse pause, je l’ai repris l’année dernière, pendant une formation qui devait se terminer en distanciel. Aussi, en même temps que mes partiels, je terminais l’été 2020 l’écriture de ce roman.

Je vous en avais parlé à travers ce billet :

Vous connaissez mon goût pour les titres poétiques, aussi ai-je, après quelques cogitations, fait le choix d’intituler ce projet Le Bois Écarlate. Bien évidemment, La Sylve Rouge est un clin d’œil direct à celle de Vincent Tassy*, l’un de mes auteurs de prédilection, d’où mon souhait de la voir comme une entité qui grandit en fonction de certains personnages, un patchwork sensible aux artistes en somme.

* On rencontre la Sylve Rouge de Vincent dans ses romans Apostasie et Loin de lui le soleil

Le Bois Écarlate vous invite à Treffendel, ville ceinte d’un bois qui se teint entièrement de rouge à l’automne. Ce dernier incarne le berceau de contes et légendes qui ne se révèlent pas accessibles au final, ou alors seulement dans certaines familles. Le premier personnage à entrer en scène est Charlie, un auteur baroudeur qui voyage pour écrire ses romans sur des faits étranges et ésotériques. Il revient à Treffendel un an après la capture d’un psychopathe tueur d’enfants. La mère atteinte de folie désormais, surnommée la femme en noir, avait mentionné la présence d’un animal doté de la parole. C’est surtout pour celui-ci que Charlie revient, poussé par ses rêves.

Gothique, avec un aspect enquête/thriller, Le Bois Écarlate englobe et développe tout un tas de thématiques : le genre (personnages lgbtqia), quête identitaire, féminisme, chamanisme, folie, héritage, rapport à la nature et aux animaux… Ici le surnaturel s’esquisse, tandis que la sylve rouge nourrit ses mystères.

Le Bois Écarlate
Le Bois Écarlate

Depuis que j’ai terminé ce projet, je l’ai soumis dans plusieurs maisons d’édition. Mais dernièrement, il me venait de plus en plus l’envie d’en parler de nouveau avec vous, surtout que vous avez été plusieurs à vous y intéresser !

Aussi, en voilà enfin le synopsis type quatrième de couverture ainsi que des extraits 😉

Le Bois Écarlate
Le Bois Écarlate
Le Bois Écarlate
Le Bois Écarlate
Le Bois Écarlate
Le Bois Écarlate

La brume vaporeuse porte le parfum suranné d'anciens contes. À la surface de l'eau, l'astre lunaire et ses joyaux reflètent leur froide beauté cosmique. La terre déploie la richesse de sa carnation noire où prennent profondément racine une pléiade d'arbres centenaires et leurs descendants. Les plantes sauvages et autres herbes des sorcières prolifèrent en des soupirs alanguis. Bienfaits et poisons se côtoient tels des siamois. Dans ce décor de minuit, une Fumerolle Noire se matérialise. Drapée d'interminables voiles nébuleux, une silhouette évolue parmi la flore.

Le Bois Écarlate, Maude Elyther

— Je peux vous demander pourquoi vous vous intéressez à la santé mentale et aux « monstres » ?
Son interlocuteur lui sourit fugitivement :
— Je ne vous cache pas que suis fasciné par le potentiel que recèle le bois écarlate. Mon travail d’écriture questionne les parts d’ombre : les rêves et les cauchemars, la création et l’imaginaire autour de crédos archaïques. De ce fait, les chimères et les monstres m’intéressent car ils reflètent tellement notre nature, notre identité, notre animalité…
— La fascination pour ce qui nous échappe, en somme ?

Le Bois Écarlate, Maude Elyther

Le mystère de la Sylve Rouge réside en cela : patrimoine préservé, il ne fait aujourd’hui plus figure que de pilier ancestral qui a vu s’établir la ville. Arrogante et mystifiée, la Forêt aux pleurs de sang hérisse ses rangs en rempart contre l’humanité, contre la science, les pilleurs et les braconniers. Elle ne laisse pas même entrapercevoir son cœur, son âme. Induit-elle sur les pensées et les ressentis pour que très rares soient ceux à vouloir s’aventurer sur ses sentiers ?

Le Bois Écarlate, Maude Elyther

Il bifurque du sentier estompé. Cette fois, il veut rejoindre un point d’eau qu’il affectionnait particulièrement autrefois. Cela semble émaner d’une autre vie tant il était alors jeune. Une mare d’eau claire, filtrée et oxygénée par les nombreuses plantes sauvages aquatiques. Roseaux, bruyères, iris des marais et narcisses la bordent. Des nénuphars ondulent avec langueur sur la surface aqueuse. En automne, cet endroit prend une atmosphère onirico-gothique : la terre riche, noire, l’eau bleu nuit réverbérant les touches écarlates des corolles et des végétaux. Les nénuphars s’ouvrent tels des joyaux. Les fragrances aquatiques se mêlent à celles de l’humus en putréfaction et à celles des fleurs. Un décor quasi exotique qui sied à merveille au jeune homme aux traits racés, Ophélie enchantée.

Le Bois Écarlate, Maude Elyther

Marie est étendue au cœur de son jardin intérieur, sa serre qui accueillera, bientôt, son prodigieux projet. Ses longs cheveux noirs coulent, se mêlent aux plantes et aux fleurs, aux feuilles et aux corolles basses, sinuent parmi les tiges parfois épineuses. Le végétal est sublime. Les palettes de verts, de l’émeraude au sombre, luisent, luxuriantes, et éclatent les teintes nacrées à carnées des dames somptueuses qui se dressent fièrement. Les couleurs et les matières sont riches, surnaturelles. La femme en noir a les yeux clos de ravissement. Ses petits pieds nus battent lentement une cadence introspective.

Le Bois Écarlate, Maude Elyther

La bâtisse se dresse telle l’image qu’a conservée Cassie dans son esprit. Avec ses murs grignotés par le lichen et le lierre, ses volets clos lézardés, sa mine austère et terne. Ce lieu paraît fatigué, épuisé, même. D’ailleurs, la jeune femme se surprend à sentir les états d’âme d’une maison, alors que d’ordinaire, elle perçoit plutôt les énergies de la nature. Quoi qu’il en soit, un détail diffère de sa visite précédente : la couleur des végétaux. Tous sans exception rougissent doucement. La dernière fois, elle avait aussi été impressionnée par l’aura de l’endroit. Pourtant, aujourd’hui, celle-ci est davantage étoffée ; la raison à la saison charnière ?

Le Bois Écarlate, Maude Elyther

Je me suis beaucoup investie sur ce projet, j'y ai consacré beaucoup d'énergie pour lui insuffler une mosaïque d'infiniment de choses qui me tiennent à cœur, d'où ces personnages attachés à la Nature, l'Art, les livres, la lecture..., à leur diversité (#lgbtqia). Pour Le Bois Écarlate, je m'étais mise la barre encore plus haute mais pour finalement parvenir à mes attentes. Alors non je n'ai pas honte de dire que je suis fière de ce texte. Parce que ce n'est pas là prétendre que ce texte est parfait ou est meilleur que tel ou tel roman. C'est voir un travail accompli, entre la deadline auto-imposée pour pouvoir proposer le manuscrit à une maison d'édition en particulier, tout comme mes attentes et exigences. Bien sûr, il y a toujours toutes ces émotions qui nous traversent lorsque nous avons mené à terme un récit, que nous quittons des personnages, un univers avec lesquels une familiarité s'était finement tissée.

Avec ce projet, malgré mystères et quelques zones sombres/d'ombre, j'avais besoin de bienveillance, de douceur, et je pense les avoir retranscrites comme je les imaginais, enfin à peu près ^^ On est bien loin de Chambre Nymphale, avec des leitmotivs qui me suivent toujours, et pourtant... J'ai mêlé beaucoup, comme vous pouvez le constater avec les hashtags du début de cet article, pour un univers personnel, visuel, sensoriel aussi, avec une touche onirique et surnaturelle. J'aurais tellement à dire encore, comme par exemple vous introduire les personnages qui traversent ce récit ou bien vous donner quelques références et inspirations... Toutefois, je garde cela sous le coude, pour plus tard...

Je vous laisse avec un extrait de ma nouvelle La Fée Bleue, mes premiers pas à Treffendel :

(…) lorsque j'ouvre les paupières, je me rends compte que le magma noirâtre m'a suivie jusqu'ici, continuant d'engluer toute vie animale et végétale sur son passage. Mortifiée, je dois me secouer pour me remettre en mouvement. Je me précipite en avant, passant par la véranda. L'effroyable y est aussi incarné : des restes de carcasses humaines y sont entassés. La puanteur de ce charnier suintant affole d'énormes insectes charognards qui me sautent au visage. Je m'enfuis par l'escalier. Ils ne cherchent pas à me poursuivre, retournant à leur festin. Je peux entendre le lapement et la succion de leurs bouches et de leurs trompes qui lèchent et raclent les os humides et décharnés.

La Fée Bleue, Maude Elyther

Publié dans mes écrits

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