Forgotten Gods - L'Art de Yoann Lossel
Bonjour à vous !
Aujourd’hui, je vous propose une « chronique » particulière : cette fois je vous livre mon retour sur un artbook, Forgotten Gods – L’Art de Yoann Lossel.
Si vous ne connaissez pas cet artiste français, je vous encourage vivement à le découvrir. Que ce soient ses dessins, ses peintures à l’huile ou encore son association du graphite et de la feuille d’or, il fait naître des décors et scènes intemporels, imprégnés de mythes et de légendes. À caractère universel, il reste cependant attaché et inspiré par de nombreux artistes et mouvements. De plus, il réside en Bretagne avec sa Muse et épouse, Psyché Ophiuchus, non loin de la Forêt de Brocéliande ou en elle-même, qui sait…
Il y plusieurs mois de cela Yoann Lossel proposait un crowfounding sur Ulule pour cette œuvre qui promettait énormément, première à regrouper son travail en un prodigieux écrin.
À l’origine, Forgotten Gods est une illustration, réalisée en hommage à la Forêt et à la Nature suite à la rencontre nocturne de l’artiste avec un cerf.
« Forgotten Gods » est une porte vers un autre monde, c'est ce que je souhaite pour ce livre : qu'il vous ravisse et vous emmène ailleurs le temps d'une évasion avec moi.
Bijou, artefact, ou encore objet vivant, le projet de Yoann Lossel m’apparaissait comme un incontournable pour les amoureux des beaux livres, des univers poétiques et riches liés à la Nature, des illustrations dont les images résonnent en nous et nous font nous évader, nous berçant de mystères arborés et mystiques.
Alors que je l’avais reçu et ne cessais de l’admirer, je me suis égarée dans ses pages lors d’une matinée, alors que mon esprit se trouvait légèrement brumeux du fait d’un petit mal de saison. Forgotten Gods recèle-t-il donc toutes les promesses que j’attendais ? Certainement, et je vous dis plus ci-dessous !
Vous pouvez toujours vous procrurer l'artbook via le site de l'artiste !
Forgotten Gods réuni pour la première fois le travail de ce jeune artiste français dont l’œuvre bénéficie d’expositions ou a remporté des prix (The Rise – L’Élévation) à l’étranger. Amoureux des mouvements artistiques de la fin du XIXème et début du XXème siècle, Yoann Lossel vit littéralement son Art. Alors qu’il puise ses inspirations et réflexions dans la nature, plus particulièrement la forêt, et les mythes et légendes, il apporte une dimension narrative, riche en symbolique, au travers de personnages comme de décors rattachés à la civilisation.
Ces deux versants ne sont pas sans rappeler l’ambivalence du métier d’artiste, de l’âme de tout.e créateur.rice. Le calme et l’introspection au cœur du processus de création, et en parallèle l’agitation (les rencontres, les expositions… ou bien le mode de vie trop rapide). Ces deux lignes s’entremêlent, jamais disparates très longtemps.
Cet équilibre, cette dualité/complémentarité, se trouve également exploitée via la technique de Yoann Lossel : avec son association du graphite et de la feuille d’or. Si ici l’on pense à l’ombre et à la lumière, il serait bien radical d’y voir là une vision manichéenne. Le cycle éternel de la vie se révèle en effet au cœur du propos de l’artiste, en un éternel recommencement, et impermanence ai-je envie de dire, puisque les mythologies font légion de métamorphoses.
Les grands paysages me fascinent. Je m'y suis toujours projeté avec beaucoup de force et d'imagination. Avant de m'enfermer dans l'atelier pour figurer ces mondes, je suis avant tout un contemplatif à la recherche d'atmosphères, de lieux et de présences.
Mais alors, comment se découpe l’ouvrage ? Qu’y trouve-t-on exactement ?
Cet artbook est un véritable grimoire dans lequel tout, le moindre détail, a été pensé et orchestré par des orfèvres. Un grand format à l’épaisse couverture au titre creusé, ciselé et doré, qui renferme des feuillets au papier épais sur lesquelles des reproductions fines des œuvres de Yoann Lossel côtoient des textes de plusieurs artistes, le tout dans une mise en page aérée offrant des « cadres » aux courbes végétales, fleuries, étoilées… Vous trouverez des reproductions pleine page, en couleur bien évidemment, mais aussi des photographies et aperçus de diverses collaborations artistiques.
Parce que là aussi, il y a une dimension artistique : extraits de textes ou paragraphes dédiés à l’œuvre de l’artiste se succèdent, en plus de mots posés par sa Muse, Psyché Ophiuchus, ou Yoann Lossel lui-même. Le texte comme le visuel se répondent, questionnent, apportent des pistes réflexives… Dans cet ensemble, j’y perçois un souffle, une bulle hors du temps, les fragrances de la forêt, de l’humus et des épines de pin, du minéral – l’eau d’une rivière, le graphite –, et tout cela se rapporte à la forêt, à la création. C’est un retour à la nature, aux racines qui puisent dans les profondeurs et le chaos – mais une vision créatrice, celle d’un bouillon où inconscient et songes dansent –, et les branches qui s’étirent vers les étoiles.
Ce qui s'anime n'était pas là l'instant d'avant, et pourra s'effacer l'instant d'après.
Brouiller les frontières : de l’homme/de la femme à l’animal, entre ce que l’on connaît et le mythe et la fantasmagorie. Ouvrir et faire défiler les pages de Forgotten Gods, c’est arpenter un territoire où le réel se dissout pour faire place à un univers rêvé et sublimé. Là la symbolique offre à l’observateur ou à l’aguerri les clefs pour décrypter nos émotions face aux œuvres de Yoann Lossel. Des items issus de mythologies, d’autres œuvres picturales ou encore à des symboles plus personnels, comme les fleurs préférées de la Muse de l’artiste, s’intègrent à des images universelles (les ruines, l’abysse).
La gestuelle et les postures des personnages sont capitales, Yoann Lossel n’hésitant pas à organiser des shooting photo à renfort d’accessoires et de costumes. À travers ses mots, nous apprenons que l’image, l’idée, d’une œuvre lui apparait précisément dans la tête. Ensuite, ce sont des mois voire des années de travail, de croquis, de photographies, d’analyses, de lectures, avant que le dessin ou la peinture définitive ne naisse. Réflexion comme contemplation sont une part prégnante de son travail, loin du consumérisme qui a malheureusement atteint le domaine artistique.
Ne craignez pas la symbolique : plusieurs textes éclairent sur la plupart du sens des œuvres. D’ailleurs, vous vous rendez sûrement compte qu’en observant les moindres détails, et avec vos bagages personnels, vous vous en sortiez déjà plutôt bien. Prêtez attention à vos émotions, ce sont elles qui vous guident face à une œuvre d’Art. Car même si nous contemplons des reproductions d’œuvres, d’excellente qualité, le dialogue opère, entre les profondeurs, les brumes et les dorures. Mais aussi entre les figures représentées, les symboles savamment distillés.
Même dans les moments les plus sombres de l'existence, on peut trouver la beauté nécessaire pour s'élever. Il y a de l'or dans les profondeurs.
J’ai dit plus haut que Yoann Lossel vit son Art. En effet, sa relation à l’Art ne se traduit pas uniquement lorsqu’il élabore mentalement ou esquisse sur le papier ses réflexions, non. C’est son mode de vie entier qui rime avec son âme d’artiste. L’artiste aiguise son regard à travers de nombreux voyages, comme celui l’ayant menant en Angleterre où il a rencontré Brian et Wendy Fround, ou encore Alan Lee. Tout comme il se nourrit constamment l’âme en lisant beaucoup. Dans cet artbook, sont d’ailleurs mis en avant Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire ou encore Friedrich Nietzsche.
Et comment exprimer le plus fidèlement l’existence artistique de Yoann Lossel autrement que par sa rencontre avec la modèle et photographe, Psyché Ophiuchus, qui est devenue sa Muse et son épouse ? À deux, ils vivent au quotidien leur fibre artistique, en osmose, donnant naissance à des projets comme les coiffes bijoux où une arche (photographie Le Printemps). Cela vous envoie à vous aussi du rêve, n’est-ce pas ?
La nature traduit l'énergie, les rêves, les forces réparatrices de l'être humain qui vont lui permettre de rebondir et de transformer ses vestiges en un jardin agréable où il trouvera une vaste quiétude.
En bref : Forgotten Gods est un grimoire d'artiste, une éclosion artistique aux nombreuses ramifications. Reproductions fines d’œuvres de Yoann Lossel, textes explorant l'imaginaire et l'universel, mise en page instaurant un dialogue entre le contenu, les visuels, les lecteurs/contemplateurs, collaborations... Cet écrin est un véritable souffle, une bulle hors du temps dans laquelle nous respirons les parfums de la forêt, de la brume qui brouille les frontières, du minéral du graphite comme de la pierre des ruines rongées par le lichen. Mythologies, mystères, symboles, passion, contemplation, réflexion s'entremêlent. Un ouvrage qui redonne ses lettres de noblesse à l'Art.
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