Renée Zachariou, Mœdium, Éditions Mnémos, Pépite de l'Imaginaire 2026, 18 février 2026

Publié le par Maude Elyther

illustration : Ebrahel Lurci

illustration : Ebrahel Lurci

Publicité

4ème de couverture

On dit que certains liens sont immuables, et que l’oubli a toujours un prix.

Data scientist rationnelle, allergique aux prophéties comme aux souvenirs trop lourds, Moira n’a jamais cru aux dons de voyance de sa mère. Alors, à sa mort, elle n’a plus qu’une obsession : sceller à jamais la porte de l’agence de médium qui l’a vue grandir.

C’était sans compter sur un objet étrange abandonné là… À son contact, les sensations affluent : des fragments du passé reviennent, précis, troublants, incontrôlables. Hallucinations ? Malédiction ?

Lorsque surgit un duo énigmatique – un vieil homme au sourire démesuré, accompagné d’une adolescente à la pâleur spectrale –, les certitudes de Moira vacillent. Qui était réellement sa mère ?

Mœdium est un roman à la fois tendre et drôle, ourlé de mystère, où le réel déraille juste assez pour révéler ce que la mémoire cache, et ce que les mères transmettent malgré elles.

Renée Zachariou aime les histoires bizarres. En lire, sous la forme de mythes grecs oubliés ou de mangas d’horreur. Mais aussi en écrire, pour suivre des héroïnes décalées et des amitiés improbables. Elle signe avec Mœdium un premier roman envoûtant où se mêlent magie, secrets et émotions.

Avant-propos

Je remercie chaleureusement Estelle Hamelin et les Éditions Mnémos pour l’envoi de ce roman en service de presse ! La Pépite de l’Imaginaire de cette année se différencie des précédentes qui recèlent majoritairement de fantasy. Ici, Renée Zachariou nous entraîne dans les pas d’une protagoniste de tous les jours dont le quotidien et la vision vont être perturbés par un pas de côté sur le chemin de la réalité, nous offrant un savoureux patchwork.

Publicité
Renée Zachariou, Mœdium, Éditions Mnémos, Pépite de l'Imaginaire 2026, 18 février 2026

Mon retour

Analyste de données à l’esprit cartésien, Moira ne souhaite qu’une chose à la mort de sa mère : clore une fois pour toute l’agence de médium de celle-ci. Car sa mère était médium, en fin, une arnaqueuse prétendant l’être selon sa fille. Elle n’a jamais cru que sa mère avait de don mystique. En s’évertuant à trier et ranger dans des cartons les affaires de la défunte, des souvenirs remontent et se disputent entre l’exaspération et la tendresse.

Lorsque Moira met la main sur un étrange objet – une pierre en forme d’œuf –, et que deux huluberlus font irruption dans l’agence et lui demandent de poursuivre le travail de sa mère, la réalité se fissure. Des esquilles de souvenirs prennent vie : la data scientist revit des scénettes, l’odeur de l’huile d’olive et de l’ail se répand dans l’appartement, les cendres de la cigarette de sa mère atterrissent une nouvelle fois dans la pâte à crêpes…

Hallucinations ou processus de deuil, Moira rassemble ces fragments, fragments qui dressent le portrait de sa mère, une femme « perchée », « dérangée ». La jeune femme s’interroge aussi sur le discours énigmatique et décousu du vieil homme cachectique au sourire inquiétant et de l’adolescente à l’allure spectrale qui lui ont rendu visite. Qui était réellement sa mère ?

Face à l’ensemble de ces étrangetés qui lui sont tombées dessus, son esprit cartésien a besoin de poser les limites, de catégoriser. Aussi, elle est bien décidée à avoir des réponses. Dans cette quête absurde, elle pourra compter sur sa meilleure amie, Tiffany, pseudo-influenceuse aspirée par son téléphone, Korax, un devin aux paroles sibyllines et aux yeux de chèvre, et les jumelles Léna/Luna qui, outre leur attrait pour les sujets underground et macabres, ont la particularité de ne jamais être vues ensembles.

Si l’œuf est la clef, Moira va devoir se confronter à l’héritage maternel, aux eaux de la mémoire et de l’oubli, et renouer avec les mythes du pays natal de sa mère, la Grèce.

Décalé, loufoque, tendre, frôlant l’absurde, ce court roman m’a entraînée d’une traite. J’ai été happée par son écriture contemporaine, incisive, qui tourbillonne à l’instar de nos pensées. Mœdium livre un récit effréné dans lequel le fantastique fissure l’écran de la réalité. Malgré le rationalisme ancré de Moira, j’ai adoré les personnalités colorées de ses amis. De personnages secondaires attachants, la quête de Moira retisse et resserre leurs liens.

Entre deuil et amitié, réalité et magie, secrets et mystère, l’autrice s’intéresse au fonctionnement de la mémoire, aux souvenirs oubliés, en s’appuyant sur une analogie pertinente entre la technologie et le cerveau (le traitement des données, les écrans qui aspirent notre âme. Elle interroge sur notre quête/notre besoin de sens, le tout à travers une intrigue vibrante d’humanité avec ses failles, ses croyances et ses fantômes.

Renée Zachariou, Mœdium, Éditions Mnémos, Pépite de l'Imaginaire 2026, 18 février 2026

En bref

Mœdium est un court roman qui vibre d’humanité. Obsédée par la question « où vont les souvenirs que l’on oublie ? », Renée Zachariou a invité la magie, le fantastique dans notre monde contemporain surchargés d’informations, de fake news et d’écrans. Son héroïne, une data scientist cartésienne qui veut clore le chapitre de sa mère médium qui vient de décéder, va recevoir un étrange héritage, un objet qui semble raviver des souvenirs enfouis…

Via une narration contemporaine et incisive, ce premier roman de l’autrice nous entraîne entre fantastique et absurde, mémoire et mythes anciens, deuil et transmission mère-fille. L’ensemble des personnages livre une humanité vivante, colorée, avec ses failles, ses croyances et ses fantômes.

Il suffit d’un pas de côté pour que la réalité se fissure…

Publicité
Renée Zachariou, Mœdium, Éditions Mnémos, Pépite de l'Imaginaire 2026, 18 février 2026

Pour aller plus loin

Vous aimerez aussi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article